Quand j’ai décidé de créer ma première montre, je n’y connaissais absolument rien. Pas de formation en horlogerie, pas de matériel, pas même une idée claire de par où commencer. Et pourtant, quelques heures plus tard, j’avais au poignet une montre automatique que j’avais assemblée moi-même.
Dans cet article, je vous raconte exactement ce que j’ai fait : les pièces, les étapes, les erreurs pour que vous puissiez faire pareil, même sans aucune expérience.
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La première chose que j'ai comprise : une montre, c'est 4 pièces
Avant de me lancer, je m’imaginais qu’une montre était un objet mystérieux et inaccessible, réservé aux horlogers suisses avec 20 ans de métier. La réalité est bien plus simple.
Une montre automatique repose sur seulement 4 éléments essentiels :
Le mouvement : c’est le cœur mécanique. Il fait tourner les aiguilles grâce aux mouvements du poignet. Pour une première montre, le mouvement NH35 de Seiko est la référence absolue : fiable, robuste, compatible avec des centaines de pièces disponibles en ligne, et accessible autour de 25 à 40 €.
Le boîtier : c’est la coque métallique qui protège le mouvement. Il détermine le style de la montre (classique, plongeuse, sport) et sa taille. Pour débuter, un boîtier 40 mm compatible NH35 est le choix le plus polyvalent.
Le cadran : c’est la face visible, celle qu’on regarde pour lire l’heure. C’est lui qui donne le caractère à votre montre. Il existe des centaines de modèles : minimaliste, vintage, coloré…
Les aiguilles : elles indiquent les heures, les minutes et les secondes. Attention : les aiguilles doivent être compatibles avec votre mouvement. Avec le NH35, le choix est très large.
C’est tout. Pas 200 pièces à souder, pas d’atelier professionnel requis. Juste ces 4 composants, et quelques outils de base.
Le matériel que j'ai utilisé
Pour l’assemblage, j’ai utilisé un kit d’outils horlogers basique à moins de 20 €. L’essentiel comprend une presse à aiguilles, des pinces brucelles, un support de mouvement et un chasse-axe. Rien de sophistiqué — les bons gestes comptent bien plus que le prix des outils.
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L'assemblage étape par étape
Une fois toutes les pièces réunies, l’assemblage se déroule dans un ordre précis.
Étape 1 : Préparer le mouvement. Je pose le mouvement NH35 dans son support. C’est la pièce centrale autour de laquelle tout va s’assembler. Il faut le manipuler par les bords jamais toucher le balancier ni le train de roues.
Étape 2 : Poser le cadran. Le cadran se fixe sur le mouvement grâce à deux petites pattes appelées « pieds de cadran ». Il suffit de les aligner avec les trous prévus et d’appuyer doucement jusqu’au clic. La date (si votre cadran en a une) doit être alignée à 3 heures.
Étape 3 : Poser les aiguilles. C’est l’étape qui demande le plus de patience et celle où j’ai fait ma première erreur (j’y reviens juste après). L’aiguille des heures se place en premier, puis celle des minutes, puis la trotteuse. Chacune doit être parfaitement centrée.
Étape 4 : Emboîter le mouvement dans le boîtier. Le mouvement glisse dans le boîtier, la couronne passe dans son tube latéral, et le fond se visse pour fermer l’ensemble.
Comptez entre 1h30 et 3h pour votre premier assemblage en suivant bien chaque étape.
Mes erreurs de débutant (pour que vous les évitiez)
Je n’aurais pas fait cet article sans parler de mes erreurs, c’est la partie la plus utile.
Erreur n°1 : mal poser les aiguilles. C’est l’erreur classique du débutant. J’ai posé l’aiguille des minutes légèrement de travers, si bien qu’elle touchait l’aiguille des heures. La montre bloquait au bout de quelques minutes. La leçon : prenez votre temps sur cette étape, vérifiez que les aiguilles ne se touchent pas en faisant tourner manuellement le mouvement avant de fermer le boîtier.
Erreur n°2 : négliger la compatibilité des pièces. La première fois, j’ai commandé des aiguilles sans vérifier qu’elles étaient conçues pour un NH35. Résultat : les axes ne correspondaient pas. La leçon : achetez toujours des pièces spécifiquement indiquées « compatibles NH35 » — ou utilisez directement ma liste de pièces compatibles.
Erreur n°3 : travailler dans un environnement poussiéreux. Un grain de poussière sous le verre saphir, ça se voit. Et une fois le boîtier fermé, c’est difficile à corriger sans tout rouvrir. La leçon : travaillez dans une pièce propre, soufflez doucement sur le verre avant de fermer.
Le résultat
Au bout de quelques heures de travail, j’avais entre les mains une montre automatique fonctionnelle, assemblée entièrement par mes soins. C’est une sensation difficile à décrire : porter quelque chose que vous avez construit vous-même change complètement le rapport à l’objet.
Le coût total : environ 80 à 100 € pour les pièces, et une vingtaine d’euros pour les outils qui resserviront à chaque nouveau projet.
Vous voulez faire pareil ?
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